LE BLOG SOLEDIS

10 Oct 2022
mockup d'une image de nature écologie e-commerce

Le virage écologique du secteur du e-commerce

A la lecture du nouveau rapport publié par la FEVAD* : Ces temps de crise économique s’accompagnent d’une prise de conscience écologique et d’une remise en cause de la surconsommation héritée des Trente Glorieuses. Les consommateurs sont donc maintenant attentifs à votre responsabilité sociétale et environnementale d’entreprise. A vous d’en faire un atout sans tomber dans le greewashing ! On vous aide à scruter les tendances et à identifier les leviers d’actions qui pourraient vous concerner.

 

La livraison : le nerf de la guerre écologique

emballage papier carton rose

 

Avec le développement du télétravail, le consommateur souhaite que ses colis le suivent partout où il se trouve. D’après une étude SendCloud, 63% des clients veulent pouvoir modifier le créneau de livraison même lorsque la commande est déjà en route. Cet engouement pour les livraisons est-il contradictoire avec la recherche d’un mode de consommation plus vertueux pour l’environnement ?

Entre les emballages, le bilan carbone du transport et le risque pris de devoir retourner le produit, il est difficile de savoir si la hausse des livraisons est une bonne nouvelle pour la planète. Pourtant il existe des arguments pour faire de votre option de livraison un pilier de votre RSE :

 

La livraison génère jusqu’à 4 fois moins de Co2 que l’achat en magasin**

 

  • Les acheteurs le savent puisqu’ils sont 67% à déclarer se faire livrer pour éviter un trajet en voiture*. N’hésitez pas à mettre en avant le nombre de foyer livré par chacune de vos livraisons. Eviter la livraison express et favoriser la livraison en point-relai va dans le sens de cette réflexion.
  • Si votre activité de e-commerce remplace réellement l’ouverture d’un magasin, mettez en avant les économies de chauffage et de climatisation que vous faites en choisissant de vendre exclusivement en ligne.
  • Et si vous vous êtes dotés d’une flotte de véhicules « propres », criez-le sur tous les toits. C’est l’engagement de La Poste qui annonce ¼ de ses liaisons nationales via des véhicules roulant au gaz naturel d’ici à 2025, et la moitié des trajets du dernier kilomètre en véhicules électriques d’ici 2023.
  • N’oubliez pas de rappeler que les magasins aussi se font livrer. Et parfois de très loin, quand il s’agit d’un réseau de magasin dépendant d’une centrale d’achat nationale !

 

Ce qui pourrait faire basculer le consomm’acteur dans une démarche anti-livraison c’est la gestion des emballages et les conditions de travail des livreurs (surveillées de près avec le boom des dark stores). Ne négligez pas ces sujets…

Quid de vos emballages ? La loi Agec va marquer un tournant

 

La loi Anti-gaspillage pour un économie circulaire (Agec) a pour objectif de supprimer tout le plastique à usage unique d’ici 2040 et dès 2025, il faudra supprimer tout plastique à usage unique « inutile » tels que les blisters plastiques autour des piles et des ampoules. Le reste devra être 100% recyclable ou réutilisable.

Certains y verront une contrainte forte mais pour d’autres c’est une occasion en or de fidéliser et de faire parler de soi. Ainsi, Samsung en 2020 a livré tous ses téléviseurs dans des emballages pratiques et amusants, pouvant par exemple se transformer en petite niche pour animaux domestique.

Saviez-vous que déjà plus de la moitié des e-commerçants utilisaient des emballages éco-responsables de livraison* ? Même Amazon a annoncé renoncer aux emballages d’expédition en plastique et augmenter le nombre de produits qui peuvent être expédiés dans leur emballage d’origine.

Au-delà du matériau utilisé pour emballer, le problème des emballages est aussi un problème de quantité. D’après DS Smith, cabinet spécialiste de l’emballage industrie, 24% des volumes de conteneurs expédiés par bateau sont de l’espace vide ! En partenariat avec la FEVAD, 15 acteurs majeurs de l’e-commerce ont décidé de s’engager à réduire le volume des emballages de 75% de leurs produits avant fin 2024 et à privilégier les matières recyclées, recyclables ou réutilisables.

L’inflation apparaît comme un accélérateur de cette tendance anti-gaspillage. Le carton léger a connu une inflation de près de 21 % depuis un an, et le carton brun de plus de 60 %***. Une hausse vertigineuse des prix poussée par la pénurie de matière première combinée à une demande en très forte hausse dans une période où tous les segments de restauration, de commerce et de retail, ont été demandeurs, pandémie oblige, de sacs et vaisselle à usage unique, pour la livraison et la vente à emporter.

Pour aller encore plus loin et si votre produit le permet, n’oubliez pas d’étudier la distribution en vrac et la consigne. La planète vous remerciera.

 

La pollution moins visible liée à votre production

production usine

Le made In France… encouragé indirectement par la guerre en Ukraine

 

66 % des e-acheteurs privilégient les produits Made In France et 56 % sont prêt à les payer plus cher *! A vous, e-commerçants de revoir ou de valoriser votre sourcing ou votre circuit de fabrication. Et ne négligez pas la production de contenu rédactionnel ou audio-vidéo qui sera nécessaire à cette valorisation. Photo, témoignages, cartes… ne lésinez pas sur le storytelling.

Vous êtes d’ailleurs peut-être en train de revoir votre chaine d’approvisionnement pour d’autres raisons… La Guerre en Ukraine impacte 37% des petits commerçants en ligne français en termes de stocks et d’approvisionnement d’après une étude faites par la solution d’envoi Packlink PRO auprès de 2000 de ses clients européens****. A une autre question, ils sont 43 % à répondre que « le conflit a eu un impact considérable sur les coûts et, par conséquent, sur leurs prix et leur activité. » Il y a donc fort à parier que si le Made In France grapille prochainement des parts de marché dans tous les secteurs du e-commerce, ce ne sera pas uniquement pour des questions de RSE.

Et si vous intégriez l’économie circulaire à votre offre ?

 

Ne soyez pas spectateur du succès grandissant de Vinted ou de Back Market ! Vous aussi, franchissez le cap de l’économie circulaire.

  • Vous pouvez peut-être revendre vos produits d’occasion. Proposez simplement à vos clients de reprendre et éventuellement de réparer les produits qu’ils n’utilisent plus. LaRedoute a ainsi lancé LaReboucle et des sites de prêt-à-porter comme Balzac, alors pourquoi pas vous ? C’est une innovation à moindre coût qui boostera sans aucun doute votre image.
  • L’économie circulaire c’est aussi louer plutôt que d’acheter ! Décathlon l’a bien compris puisque depuis peu, ils mettent en location leur matériel sportif ! Cela demande un peu de logistique mais c’est une solution très rentable. Tous vos produits ne seront peut-être pas concernés mais si certains peuvent être mis en location, foncez ! C’est une occasion en or pour fidéliser.

 

La surproduction : une pollution invisible

 

La gestion des stocks est un des points sensibles du e-commerce car il est évidemment difficile de chiffre de façon exacte les besoins clients. Aujourd’hui, les entreprises font le choix de surproduire et de surstocker. Mais petit à petit le schéma de la « vente sans stock » fait son grand retour après un siècle d’oubli. C’est l’apanage des petites entreprises qui mettent en avant une fabrication artisanale car ne pas produire en masse représente un surcoût que le consommateur doit accepter. Ainsi la fabrication d’un produit est lancée une fois qu’il est commandé par le client final… un bouleversement complet de notre manière de produire et de consommer. Est-ce que cela peut devenir une tendance de fond ? A surveiller dans les prochaines années.

 

L’affichage d’impact environnemental

 

Quel est le coût carbone de telle paire de chaussures ou de tel tournevis ? La loi Agec a lancé une expérimentation de 18 mois d’affichage environnemental et social de chaque achat ou produit. Dans cet ordre d’idée, des modules Prestashop (comme Climate Kit) fleurissent pour vous proposer de prendre les devant sur ce qui deviendra peut-être bientôt une contrainte réglementaire.

En attendant, c’est un élément de réassurance auprès de vos clients qu’il peut être intéressant d’étudier. Au même titre que des modules de micro-don comme l’arrondi solidaire.

 

Comme vous pouvez le voir, la RSE est davantage une opportunité d’innovation et de différenciation qu’une somme de contraintes pour votre croissance. Les idées sont nombreuses et elles ont l’avantage d’avoir un double impact : sur votre image de marque et sur votre environnement !